III- Etude des laves torrentielle
A- Historique des crues
Verdarel complet :
1756 : canal d'irrigation comblé sur 2 Km, passerelle emportée
printemps 1792 : éboulement de berges et embâcles.
29,30 et 31 mai 1856 : maisons emportées, usines ruinées charriage
d'une grande quantité de matériaux
22 juillet 1914 : 1 blessé, route nationale coupée
28 octobre 1926 : pont obturé, RN coupé sur 20 m
21 octobre 1928 : idem
9 juillet 1981 :développée ci dessous
22 juillet 1988 : développée ci dessous
Malatra :
1394 : territoire de Saint-Chaffrey dévasté
1434 et 1447 : idem
1749 : très grosse crue, des maisons et des habitants sont
emportés
1871 : grande crue
1901 : nouvelle grande crue
28 juillet 1937 : RN 91 coupée par une lave sur 50m. 15000m3 de
dépôts estimés a posteriori.
Petit Verdarel :
9-10 juillet 1948 : RN 91 coupée
16 novembre 1963 : lit comblé, 1 maison menacée
Remarque : sur certains documents, il apparaît une crue du Verdarel en 1983. Cette crue n'existe pas et doit son existence apparemment à une faute de frappe qui serait apparue dans un rapport et qui depuis a été reprise dans différents documents.
Il semblerait, à la vue de ce graphique, que la fréquence des crues qui jusque à la fin du 18ème siècle était plutôt centennale, deviennent décennale.
Toutefois, il faut faire attention aux interprétations des phénomène anciens. En effet, le village n'occupait pas le cône de déjection. Donc le facteur d'appréciation que pouvait avoir les villageois pour évaluer la gravité des crues était different, car ne touchant que des terres agricoles. Une crue comme celle 1749 qui est décrite comme ayant emporté des habitations et des habitants, celle-ci devait être très importante compte tenu de la position du village.
On ne peut donc pas tirer de conclusions définitives de ces informations historiques sur une éventuelle augmentation de la fréquence des crues. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas pour autant une réelle augmentation.
B- Le cas des crues de 1981 et 1988
Doté d'un bassin versant réduit de 4.2 Km2, le Verdarel n'est pas tant redouté pour ces crues liquides que par ces fréquents apports solides jusqu'à son cône au cours des derniers siècles . Dans sa thèse recherches Geomorphologiques et cartographie des aléas naturels de la vallée de la Guisane, Ph Lahousse(université de Lille) le place en tête des torrents affluents de la Guisane pour le nombre de crues répertoriées.
les 27/28 juin, de fortes précipitations s'abattaient sur la région de Saint-Chaffrey, représentant 80% de la hauteur d'eau moyenne du mois de juin, soit à peu près 50 mm.
Lors de la première semaine de juillet de longues pluies fines pénétraient les terrains ; pluies représentant 60% de la hauteur moyenne des précipitations de juillet, soit à peu près 30 mm.
Enfin avant et pendant la crue, un véritable " sac d'eau " orageux s'abattait sur Saint-Chaffrey, accompagné de violentes grêles et dont le paroxysme évalue a 100mm en 2 h se situe vers 2200/2500m dans le secteur col du Granon / col du Barteaux.
Il nous faut préciser que ces précipitations se produisirent sur des terrains initialement saturés en eaux de fonte du manteau neigeux.
La masse d'eau ainsi ruisselée a constitué une force affouillante qui a littéralement défoncée les terrains glaciaires de couverture sur plusieurs mètres de profondeur, et ce depuis la zone de tourbière du haut bassin tout au long des 1200 m de chenal du torrent dans la partie moyenne. Un écoulement de lave torrentielle s'est alors propagé sur le cône de déjection, endommageant ouvrages et habitations (pont de l'ancienne RN 91 délesté de son tablier de 6 tonnes, transporté sur une distance de 100m ), engravant les terres (une dizaine d'hectares de terrains agricoles et bâtis ont été engravés), et obturant le lit de Guisane au niveau du Pont Carles jusqu'à y former une retenue. Celle-ci constituait un grave danger pour l'aval, il a fallu donc rapidement y ouvrir une brèche afin d'éviter un phénomène de débâcle.
Au total, le volume de matériaux transporte a été estime entre 30000 et 50000m3 .
il semble bon de signaler que sur l'ensemble des matériaux mobilisés au cours de la crue seulement 15000m3 provenaient du haut bassin.
L'estimation personnelle que j'ai pu réaliser au cours de mon stage, m'a permis d'estimer le volume de matériaux entre 45 000 et 67 000 m3 ,ce qui est supérieur aux estimations effectuées par la R.T..M. Cette estimation ainsi que sa méthode est fournie en annexe.
Crue du 22 juillet 1988 :
Elle correspond à un épisode pluviométrique comparable avec celui de 1981 (orage de grêle vers le col Barteaux). La localisation des zones de départ est en revanche moins évidente. Le couronnement du contre-barrage B1 est emporté et les dents freineuses de la plage de dépôt sont endommagées(cornières de protection en métal arrachées et pliées). La crue semble pourtant plus liquide, tout au moins en fin d'épisode où un creusement du chenal dans et à l'aval de la plage de dépôt est constaté. La conduite d'eau potable du chemin de l'ascension (passage a gué) est sérieusement affouillée. Le pont de l'ancienne RN91 est submergé sous 1,5metres de boue tandis que celui plus en aval (communal) au lieu-dit Pont Carles a résisté sous 2 mètres de charge de lave.
C- Foyer de matériaux mobilisables
Suite à l'événement de juillet 1981, une estimation du risque pesant sur la commune de Saint-Chaffrey était nécessaire. C'est ainsi que les services de l'état que sont DDE et RTM se sont penchés sur le bassin du Verdarel afin d'évaluer les potentialités d'apports solides du torrent sur son cône.
Etude géologique du CETE de 1982
Cette étude purement géologique s'attache à quantifier les volumes de matériaux instables à l'échelle géomorphologique dans le bassin des trois affluents constituants du Verdarel, mais ne met pas en évidence de volumes mobilisables lors d'une crue de type 1981.
Les résultats avancés sont les suivants :
petit Verdarel : 2.5 millions de m3 entre 1700 et 2300 m dans des zones de couvertures morainiques importantes, très aquifère et en évolution permanente.
Malatra :10 à 15 millions de m3 en rive droite dont 600 à 900.000 en cours de glissement.
Grand Verdarel :300 à 450.000 m3 en rive droite à la cote 1700
120 à 300.000 m3 en rive gauche vers la cote 1450 (moraine de Pingurier).
Soit un total de matériaux instables compris entre 12.92 et 18.25 million de m3
Etude du RTM de 1983
Dans ce rapport, J.C.Charry tente de dresser un bilan sur les volumes estimés mobilisables lors d'une crue de type juillet 1981.
Les résultats avancés sont les suivants :
Petit Verdarel : 30000m3 entre 1720 et 1940m (moraine de 15m de
profondeur).
10000m3 sur les matériaux morainiques en ravinement du haut bassin
à 2300m.
Malatra : sur les 600 à 900.000m3 en cours de glissement 30.000
m3 sont estimés mobilisables.
10.000m3 estimés de creusement potentiel du profil en long.
Verdarel : 100.000m3 estimés
Soit un total de matériaux mobilisables en une crue simultanée des trois bassins de 180.000m3.
Estimation actuelle de la RTM
Petit Verdarel : un " bref " état des lieux a permis d'affirmer qu'il ne présente pas aujourd'hui de risque majeur de débordement sur le cône du moins sous la forme de lave torrentielle. Notamment depuis qu'il a été équipé d'un ouvrage de dérivation vers le Grand Verdarel de ses eaux de crue qui sous réserve de bon fonctionnement doit être apte à sécurisé le bassin.
Les apports estimés du petit Verdarel sont donc considérés négligeables.
Malatra : sur le haut du bassin, dans une zone formant approximativement un triangle de 200m sur 200m, prend naissance une véritable zone de glissement. Le torrent a mis à nu le substratum houiller sur lequel repose une couverture morainique dont la hauteur peut atteindre quelques dizaines de mètres d'épaisseur par endroit. Cela représente un volume de matériaux en cours de glissement de 100000m3 environ. Mais le volume mobilisable en une crue ne serait que de 10000m3. A cela s'ajoute les quantités de matériaux potentiellement mobilisables dans le lit du torrent et sur les berges. Soit environ 5000m3
On peut donc affirmer que dans son état actuel, le bassin du Malatra est dans une situation plutôt défavorable voire critique.
Les apports estimés sont de l'ordre de 15000m3
Grand Verdarel : lors de la crue de 1981, celui-ci creusait un profond chenal à partir de 2200m environ le long du grand Verdarel. Les apports estimés par ce décapage de lit étaient de 150000m3, soit approximativement une hauteur de 2m par 5m de large sur un itinéraire de 1500m. Aujourd'hui, la quantité de matériaux mobilisable est de l'ordre de 2 à 3 milliers de m3. En effet en de nombreux endroits le substrat houiller affleure.
La partie la plus préoccupante du chenal se situe à l'aval des barrages où le glissement de la berge en rive gauche et le ravinement intense de la berge en rive droite, fournissent en permanence au torrent des quantités de matériaux importants (10000m3 environ).
Enfin, pour le dernier tronçon à l'amont de la Plage De Depôt il est estimé à 2000m3.
Les apports estimés sont de l'ordre de 15000m3 au total
Soit un total pour le bassin versant de 30000m3.